LE BÉNÉVOLAT CHEZ LES AÎNÉS

Donner du temps un peu, beaucoup… passionnément


« Je ferai du bénévolat à ma retraite ! » Comme plusieurs professionnels, Sophie Allard ne projetait pas de « donner de son temps » durant sa vie active. Or, la vie en a voulu autrement. À la suite de la naissance de son fils, une longue dépression l’a forcée à redéfinir ses priorités. Dès lors, elle a pris la décision de réduire ses semaines de travail et de prendre soin d’elle-même… et des autres !

« Le moment décisif a été le visionnement d’un reportage sur l’action bénévole des Petits Frères, raconte la conseillère financière de 47 ans. Venant d’une famille tissée serrée, je ne pouvais pas admettre que certaines personnes finissent leurs jours seuls. Je devais m’engager sans tarder. À la suite de la maladie, j’avais besoin d’équilibre dans ma vie et cet engagement m’a aidée à l’atteindre. »

Peu nombreux, les bénévoles comme Sophie Allard qui s’impliquent avant la retraite ? Bien au contraire, selon la plus récente enquête de Statistique Canada (2013), les jeunes Canadiens de 15 à 24 ans sont plus enclins à faire du bénévolat (66%) que les Canadiens plus âgés, mais ils donnent moins d’heures que leurs aînés. À titre comparatif, les jeunes de 15 à 19 ans donnent 110 heures en moyenne comparativement à 231 heures chez les 65 à 74 ans.

Dans les groupes et organismes venant en aide aux aînés cependant, les personnes âgées demeurent majoritaires. « Au sein de nos organismes membres offrant des services pour les aînés, environ 60% à 70% des bénévoles sont eux-mêmes âgés, confirme Fimba Tankoano, directeur général de la Fédération des centres d’action bénévole du Québec. Une pénurie de bénévoles se fait cependant sentir dans certains services comme l’accompagnement à des rendez-vous médicaux, la préparation et la livraison de repas à domicile et les visites d’amitié. »

« Heureusement, la cause des aînés émeut de plus en plus de gens d’horizons variés, observe Caroline Sauriol, directrice générale des Petits Frères. J’ai toujours dit que notre cause de briser l’isolement des aînés n’était pas sexy. Or, c’est en train de le devenir. Les médias n’ont jamais autant traité des enjeux qui concernent les personnes âgées. »

Principal obstacle à l’horizon : s’engager bénévolement requiert un minimum de temps que les non-retraités peinent à libérer. « Les gens de mon entourage ne comprennent pas comment je trouve le temps avec un emploi à temps plein, un enfant de 4 ans, une maison et un chalet à entretenir, témoigne Sophie Allard, qui a été jumelée à un aîné de 88 ans seul. Pourtant, j’arrive à prendre soin de mes proches, à faire du bénévolat et à vivre ! La question est de savoir ce qu’on en fait de notre temps. »

Séduire les boomers

Avec le vieillissement de la population et la demande grandissante pour les services aux aînés, le milieu du bénévolat doit maintenant se préparer à accueillir les nouvelles cohortes de bénévoles. « L’arrivée massive des baby-boomers à la retraite laisse présager que le contingent de personnes disponibles va augmenter, énonce Pierre Morrissette, directeur général du Centre d’action bénévole de Montréal (CABM). Les études démontrent que cette génération souhaite davantage s’investir dans des causes ayant des impacts globaux plutôt que dans des services d’aide. Cela change complètement l’approche de nos organismes qui devront tenter de faire une adéquation entre la cause et les réels besoins en services. »

Au Centre d’action bénévole de Montréal, environ la moitié des organisations membres œuvrent dans le domaine de la santé et des services sociaux. Or, ce sont ces services qui demeurent les plus difficiles à combler. « La génération des baby-boomers cherche généralement à avoir du plaisir, à se faire du bien tout en faisait du bien aux autres, observe Pierre Morrissette. Ils sont plus éduqués et compétents que la génération précédente. Ils ont la capacité d’apprendre de nouvelles choses et ils veulent le faire. Comment va-t-on convaincre un nouveau retraité ayant eu une vie professionnelle remplie de distribuer le café à des personnes malades ? Ce sera notre défi des prochaines années ! »

Même constat aux Petits Frères où les services ont doublé au cours des cinq dernières années. «C’est exigeant, mais nous devons changer nos façons de faire pour rejoindre ces nouvelles cohortes, car d’ici 10 ans, les modes de communication seront complètement différents et passeront vraisemblablement par les outils technologiques », acquiesce Caroline Sauriol.

Les nouveaux ressorts de l’engagement

Peu importe l’approche privilégiée, l’action bénévole a un impact bénéfique tant pour les personnes dans le besoin que celles qui donnent sans compter. « Ce qui me motive, c’est de savoir que je lui fais du bien, que je fais une différence dans sa vie et que je serai présente jusqu’à la fin de ses jours, témoigne Sophie Allard qui a noué une amitié très forte avec son Vieil Ami qu’elle visite et appelle sur une base régulière. « Le bénévolat me permet de continuer à me développer comme être humain et ça me rend très fière », ajoute-t-elle.

Contribuer à sa communauté, rencontrer des gens, mettre à profit ses compétences, en acquérir de nouvelles, aider à l’employabilité, les motivations pour faire du bénévolat sont nombreuses et variées. Plusieurs études ont même démontré que les personnes qui s’engagent bénévolement pour des raisons altruistes vivaient plus longtemps et en meilleure santé physique et mentale.

«L’action bénévole permet de rester actif plus longtemps en contribuant à la société, énonce Pierre Morrissette du CABM. Je pense que la sensibilisation devrait passer en partie par le milieu entrepreneurial. Les employeurs offrent déjà des programmes de préparation à la retraite à leurs employés. Pourquoi ne pas inclure des sessions d’information qui présenterait le bénévolat comme une façon de demeurer actif et en santé au moment de la retraite?»

Pour certaines personnes, accompagner les aînés est aussi une façon d’apprivoiser sa propre vieillesse, ajoute Caroline Sauriol des Petits Frères. « Notre bénévole type a 58 ans et vient de prendre sa retraite. Il a vu ses parents décliner et désire redonner et s’engager. Je vois également des trentenaires qui s’adoptent en quelque sorte un grand-parent et recherche une certaine forme de sagesse dans leur vie. De jeunes familles s’engagent ensemble afin de tisser des liens et transmettre les valeurs comme l’entraide à leurs enfants. »

Le bénévolat envers les aînés permet en outre de se ressourcer, de trouver du calme et de ralentir, de renchérir Caroline Sauriol. « Lorsqu’on accompagne un aîné, il faut ajuster sa vitesse dans tout. Lors d’une promenade, d’un repas, d’une sortie ou d’un thé… Nos Vieux Amis apportent beaucoup de sérénité dans nos vies et nous poussent à être dans le moment présent. »

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Portraits de deux autres bénévoles inspirants

Cliquez sur les deux noms suivants pour découvrir le portrait de deux autres bénévoles : André Hardy, retraité bénévole, impliqué auprès des Petits Frères, et Nicole Béfort, chauffeuse-baladeuse pour La Popote roulante.

 

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Le bénévolat en chiffres

32% de la population québécoise fait du bénévolat, soit 2,2 millions de personnes de 15 ans et plus (1)

123 heures de bénévolat, moyenne annuelle québécoises (1)

2 400 000 bénévoles au Québec en 2010 (2)

600 000 bénévoles, soit le quart de ces bénévoles avaient 55 ans et plus (2)

107 millions d’heures de bénévolat par année par les bénévoles de 55 ans et plus (2)

(1) Statistiques Canada, 2013
(2) Institut de la statistique du Québec, 2010

Sophie Allard, bénévole

Sophie Allard, en compagnie de son fils de 4 ans, alors qu’elle récupérait le repas de Noël qu’elle allait partager avec son Vieil Ami : « Ce jour-là, mon fils était avec moi et mon Vieil Ami a été déstabilisé sur le coup. Par la suite, il m’a écrit pour me dire à quel point ça lui avait fait du bien de voir un enfant. Et mon fils de rentrer à la maison en lançant à son père: Tu sais, le Vieil Ami à maman, c’est aussi mon ami maintenant ! »

(crédit photo : Petits Frères)

Deux bénévoles des Résidences Floralies

« J’ai commencé à prendre part à la fête des anniversaires du mois à la Résidence Floralies de Lachine alors que je prenais soin de ma tante qui y résidait et souffrait de la maladie d’Alzheimer. Après son décès, j’ai tout naturellement continué à venir chaque mois donner un coup de main lors de cette activité. Je connaissais les autres résidents et y étais attachée. J’ai toujours aimé les voir sourire, leur parler, les écouter. Pendant qu’ils étaient avec nous à célébrer, ils étaient d’humeur joyeuse et ne pensaient pas à leurs bobos. Aujourd’hui, c’est avec un pincement au cœur que je prends ma retraite après 23 ans de bénévolat auprès d’eux. » – Claudette Clément, bénévole retraitée de 80 ans.
« Je fais du bénévolat trois fois par semaine lors des activités comme le OKO, le bingo, les sorties et c’est pour moi un passe-temps et un grand plaisir de prendre part au quotidien des résidents. » – Yvette Plante, bénévole à la Résidence Floralies de LaSalle depuis huit ans.

Initier les jeunes très tôt

En novembre dernier, la Fédération des centres d’action bénévole du Québec (FCABQ) a déposé un mémoire au bureau du ministère de l’Éducation et l’Enseignement supérieur du Québec, suggérant l’instauration d’un programme universel d’engagement bénévole des jeunes, tant du niveau primaire que secondaire.
« Par définition, le bénévolat ne doit pas être obligatoire, précise Fimba Tankoano, directeur général de la FCABQ. Conséquemment, le programme se veut avant tout une initiation à l’action bénévole afin de leur offrir une première expérience d’engagement social. Plusieurs études ont démontré que les personnes qui étaient initiées au bénévolat pendant leur enfance ou leur adolescence étaient plus susceptibles de s’engager plus tard.»
Pour en savoir plus, cliquer ici :

La politique de la réussite éducative

Pas besoin d’avoir beaucoup de temps libre pour faire du bénévolat ponctuel !, clame dans une publicité le Centre d’action bénévole de Montréal qui donne accès à plus de 25 activités bénévoles nécessitant un engagement de 3 heures par mois ou par année.

« Le bénévolat, ce n’est pas si contraignant que l’on pourrait se l’imaginer, affirme Fimba Tankoano. C’est l’organisme qui s’adapte au bénévole et non pas l’inverse. Il est toujours mieux de faire une heure par année que ne rien faire du tout. Imaginez si tous les Québécois offraient au moins une heure par année la différence que cela ferait ! »

Mais par où commencer ? Comment s’y prendre pour trouver une façon de s’engager dans sa communauté ?

S’informer auprès du centre d’action bénévole de sa région des besoins en bénévolat en fonction de ses goûts, ses aptitudes et sa disponibilité.

Consulter le répertoire d’organismes du Réseau d’action bénévole du Québec à partir de votre code postal.

Frapper aux portes d’organismes de votre région qui vous interpelle.

Offrir vos services directement à la résidence pour personnes âgées, à l’hôpital, ou autre centre de soins et services sociaux le plus près de chez vous.

 

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